|
Une vie précieuse
le 26 mars 2011
Il nous faut des actes positifs pour soutenir notre vie quotidienne
et notre esprit. Sans actes positifs, nos pensées ont tendance
à être dispersées, et de façon similaire, sans pensées positives,
nos actes ont tendance à être influencés par les émotions négatives.
Ainsi, je suis reconnaissant envers toutes les personnes qui
ont fait de grands efforts pour organiser différents activités
positives dans le cadre de la célébration de mon anniversaire
qui a récemment eu lieu. Après tout, la vie est courte est précieuse
; nous devons l’utiliser à des fins positives.
« Live to Love » a organisé une campagne de soins oculaires
très réussie qui a aidé plus de 240 personnes qui ont pu récupérer
la vue. Il y avait sept jours de pratiques spirituelles dédiées
à la longévité, menées par Gyarawa Rinpoché et présidée par
Kyabjé Namkha Drimed Rinpoché, qui est l’un des yogis les plus
accomplis de notre temps. Bien sûr, tout ceci n’aurait pas pu
voir le jour sans l’organisation experte de Jigmé Jampal, notre
président de Drukpa Asie. Tout le monde, y compris tous les
participants, et mes chers amis et Sangha qui ont réuni leurs
efforts, a fait un travail magnifique. Par ailleurs, je tiens
à remercier toutes les nonnes qui ont travaillé sans relâche
jour et nuit. La nuit dernière, un inconnu est venu me dire
que pendant tout la durée de mon anniversaire, tout le Mont
Druk Amitabha était allumé, et tous ceux qui l’ont vu ressentaient
qu’il s’y déroulait beaucoup d’activités. Je sais que ce genre
d’activités n’aurait pas été possible sans l’engagement et le
dévouement de mes nonnes.
Le tremblement de terre qui a eu lieu au Japon a choqué tout
le monde. D’une certaine manière, c’est très compréhensible
parce que partout dans le monde des catastrophes de ce genre
se produisent. Nous avons tous besoin de comprendre et d’être
préparé. J’ai déjà dit de nombreuses fois et continuerai à dire
que nous devons être très bienveillants envers la nature pour
qu’elle soit bienveillante envers nous. Oubliez de mettre les
catastrophes sur le compte de quelqu'un d’autre, même sur Dieu
ou des forces divines. Personne ne crée ces catastrophes pour
nous. Même si certaines personnes sont très méchantes, elles
ne peuvent pas nous infliger de telles catastrophes. On doit
être très bienveillant envers la nature afin qu’elle soit bienveillante
et clémente envers nous, individuellement et collectivement.
Alors ceci nous ramène aux styles de vie respectueux de l’environnement,
ce qui est le point principal. La clé est d’être attentif à
notre environnement, et surtout de respecter la vie d’autrui.
Nous devons tous promouvoir de façon créative cette manière
correcte de vivre afin que chacun de nous en comprenne quelque
chose. Nous parlons trop. En fait, des millions ou des milliards
de gens parlent trop et ne font rien. Nous devons parler moins
et agir plus, afin de montrer des exemples aux autres pour que
cela les encourage. Au nom de tous, j’offre des prières en ce
moment pour toutes les victimes et tous les survivants. Nous
ne devrions pas laisser ce genre de catastrophe et d’expérience
traumatique ne servir à rien. Nous devrions l’utiliser pour
qu’elle nous serve de sonnette d’alarme, avant que ce ne soit
trop tard.
Tout de suite après la célébration de mon anniversaire, nous
sommes partis au pied du stoupa de Swayambhunath pour faire
13 koras, suivis d’une grande prière annuelle très réussie pour
la paix et le bonheur universels. En fait, nous avons terminé
les 100 000 « Reine des prières » plus tôt que prévu. Les nonnes
du Mont Druk Amitabha, du centre de retraite de Kyabjé Sendrak
Rinpoché ainsi que les moines de Darjeeling et de Katmandou
se sont tous réunis pour faire en sorte que ce rassemblement
de prière excellent soit non seulement réussi, mais aussi auspicieux.
Au moment où nous avons terminé les 100 000 récitations, de
fortes pluies, des éclairs, des coups de tonnerre et tous les
signes différents se sont manifestés. Comme vous le savez tous,
c’est encore la saison sèche à Katmandou, et il n’y a presque
pas de pluie. Avoir ce genre de temps inhabituel nous a donné
confiance que nos prières pour la longue vie de nos maîtres
précieux, pour les victimes des catastrophes récentes ainsi
que pour le bonheur et la réalisation des vœux de tous les pratiquants
authentiques, seront exaucées.
À la fin de leurs efforts considérables de pratique et des
mois de retraite, j’ai amené mes nonnes et mes amis faire une
pause. Nous sommes allés en vacances quelques jours à
Chitwan et à Pokhra. À Chitwan, nous avons vu de pauvres éléphants
portant des touristes, dont quelques-uns parmi nous, faire un
tour de safari dans la jungle. Mais je dois dire que ces éléphants
sont en bien meilleure santé et ont l’air de mieux se porter
que d’autres éléphants mis à disposition des touristes dans
d’autres endroits. En regardant ces éléphants, j’ai pensé à
ces éléphants, ces chevaux, ces ânes et tous les autres pauvres
animaux qui travaillent depuis des générations et pourtant,
ne reçoivent que du traitement abusif. J’avais les larmes aux
yeux rien qu’en les regardant. Pour cette raison, je pense souvent
que les personnes qui ont inventé les voitures, deux roues motrices
ou quatre, sont sans doute des Bodhisattvas. Ces véhicules modernes
sont non seulement rapides et efficaces, ils ont aussi réussi
à éviter que plein de gens torturent les animaux. Ils ont réussi
à enlever presque tout le fardeau aux animaux qui devaient tirer
les attelages, les troncs d’arbres, etc. Pendant que je demandais
aux nonnes de donner des bananes aux éléphants, je pensais à
toutes ces choses et faisais des souhaits pour leur libération.
Nous avons tous pu voir que ces éléphants n’avait jamais connu
le luxe de déguster autant de bananes d’un coup. De temps en
temps, un guide ou un touriste court peut-être après un éléphant
et lui donne une banane. Mais une banane ne suffit pas parce
que l’estomac d’un éléphant est comme l’univers, énorme !
C’était un plaisir de regarder les nonnes donner les bananes
aux éléphants. Parfois, les éléphants étaient tellement contents
qu’ils ont mangé directement à la bouche et ne se sont pas servis
de leurs troncs, laissant les nonnes déposer un régime de bananes
dans leur gueule. Certaines nonnes ont réussi, et d’autres n’ont
pas osé. Je savais que c’était de cette façon que les éléphants
montraient leur amour aux nonnes. Ils faisaient confiance à
nos nonnes et se sentaient tellement proches d’elles qu’ils
préféraient les laisser leur donner directement à manger dans
la gueule. J’étais heureux de voir que ces éléphants avaient
l’air de se porter très bien. On n’a vu presque personne les
torturer tandis qu’ils portaient les passagers. Bien sûr, ils
ont dû être dressés et torturés pendant des années jusqu’à ce
qu’ils soient domptés. C’est comme notre esprit sauvage. Tant
que nous ne l’avons pas apprivoisé, notre esprit est comme un
éléphant ou un singe sauvage. Une fois dompté, notre esprit
sera très doux et maîtrisé, tout à fait en bonne forme.
Je regardais les nonnes apprendre à faire du vélo à Chitwan
et à Pokhra. Même une nonne de 40 ans faisait beaucoup d’efforts
pour apprendre. Elles ont peur que si elles ne savent pas comment
en faire, elles ne seront pas amenées si on fait un pèlerinage
à vélo. Elles s’appliquaient toutes beaucoup. Je ne sais pas
combien d’argent elles ont dépensé. J’ai seulement pu voir qu’elles
avaient des coups de soleil au visage, et que certaines sont
même tombées et ont eu des bleus. Heureusement, très peu ont
été blessées. Maintenant, beaucoup d’entre elles sont fin prêtes
pour un pèlerinage à vélo. Or, je commence à m’inquiéter pour
savoir comment je vais les rattraper.
Nous venons à l’instant de rentrer avec ma Sangha, mes étudiants
et mes amis, chacun portant un très grand sourire quand nous
sommes arrivés au Mont Druk Amitabha. Si jamais nous avons fait
quelque chose de bon et de positif, nous devons dédier ce mérite,
ce bonheur et cette joie à tous les êtres sensibles, et notamment
à la paix et au bonheur universels. Si jamais nous accumulons
des actes négatifs, nous devons les confesser, les purifier
et prendre le vœu de ne jamais les recommencer. D’un point de
vue relatif, nous sommes heureux et satisfaits, alors nous sommes
tous à la montagne et allons préparer la retraite.
|

Cliquer
ici pour plus de photos
|