Est-ce que vous êtes une « noix dingue » ?

le 14 avril 2012

La communauté, la société et le monde en général sont faits de différentes sortes d'êtres vivants. Que cela nous plaise ou non, nous devons coexister les uns avec les autres. En fait, si nous avions l'occasion de préparer un questionnaire et de demander à tout le monde « Qu'est-ce qui vous rend heureux ? », je pense, bien que je puisse me tromper, que la plupart des gens voudraient quelque espace paisible où respirer et dormir sans anxiété.

J'aimerais remercier l'organisation de Gourou Sangamam de m'avoir invité à une rencontre spirituelle très intéressante qui a eu lieu il y a quelques jours. Il s'agissait d'une rencontre haut en couleurs qui a réuni des gourous de l'hindouisme, du jainisme, du sikhisme et du bouddhisme. Tout le monde semblait s'intéresser les uns aux autres et voulait savoir quelle est la véritable information qui sous-tend chaque religion et chaque secte. Quoi qu'il y ait été discuté ou dit, c'est assez certain que tout le monde souhaitait l'unité et l'harmonie. Bien que certains moyens habiles se trouvant dans la coquille de la compassion et de l'amour aient pu manquer dans le passé, grâce à davantage de communication, il y aura sûrement une solution pour se soutenir mutuellement.

Sans activer ou cultiver la compassion et l'amour, nous vivons dans notre propre coquille ou donjon, sans savoir ce qui arrive aux autres et dans le monde dehors. La plupart d'entre nous nous contentons de vivre dans un monde que nous avons conçu nous-mêmes, sans grand égard aux autres. Nous vivons dans notre propre monde imaginaire. Et puis après nous deviendrons vraiment dingues (des noix/dingues dans le jeu de mots de la version anglaise), parce que s'il nous manque une relation interdépendante avec autrui, nous ne pourrons cultiver la compassion et l'amour. À terme, nous deviendrons fous car nous voulons que le monde tourne autour de nous. Pour vivre confortablement, dans la paix et le bonheur dans ce monde, nous devons interagir avec d'autres êtres, avec la nature. Notre bonheur dépend des autres, et leur bonheur de nous aussi. Nous devons sortir de notre coquille et avancer sur le chemin. Tant que vous ne l'avez pas fait, vous n'êtes qu'une noix (dingue) emprisonnée dans une coquille.

J'ose rappeler ici ce que mon ami Sadhguru a dit, « Si vous ne sortez pas de votre coquille, vous n'êtes qu'une noix (dingue). » C'est particulièrement vrai et très facile à comprendre.

De même que nous sommes très différents des autres croyances spirituelles ou sectes, nous avons besoin d'une tribune riche en réflexion qui nous permettra d'être compris et aussi d'avoir l'occasion de connaître les autres. Sinon, chaque fois que nous entendons parler d'une certaine religion, parce que nous n'avons pas eu l'opportunité de comprendre, nous avons toujours des idées très fausses. Alors nous devrions tous sortir de nos coquilles et ne pas être des noix dingues.

Par exemple, dans les photos vous verrez des gourous qui portent des masques mais pas de chaussures. C'est en raison de la pratique de compassion dans le jainisme. Ils ne veulent pas respirer une quelconque être ou que leurs chaussures blessent d'autres êtres, alors ils portent des masques et marchent pied-nu.


J'aime particulièrement une des choses qui a été dit pendant la rencontre, « l'unité dans la diversité ». C'est exactement ce que j'essaie de dire depuis un certain temps : faire preuve de respect et d'appréciation. Respecter nos différences et apprécier notre relation harmonieuse. C'est de cette façon que notre vie et le monde peuvent être paisibles. Nous n'avons pas besoin de chercher une terre pure ailleurs. Si nous sommes capables de respecter et d'apprécier, je pense que nous sommes déjà à l'entrée d'une terre pure ou d'un paradis sur terre.

Je sais que la vie est plein de difficultés et de surprises. C'est pourquoi nous disons toujours que la vie ou le samsara sont impermanents. Cependant, soit vous pouvez maugréer contre la situation impermanente et continuez à vous plaindre au sujet de tout ce qui ne se déroule pas selon vos souhaits, soit vous pouvez saisir cette occasion comme une opportunité pour pratiquer. Respecter l'impermanence, et aussi l'apprécier. Cela rendrait facilement votre vie non seulement supportable, mais aussi agréable.

Les gens qui souffrent beaucoup sont surtout ceux qui ont trop de saisi. Réfléchissez, comment est-ce possible que tout dans ce monde doit se dérouler selon votre souhait égoïste. Même si Bouddha ou Dieu se trouve devant vous, ils ne pourront pas vous promettre que tous vos souhaits se réaliseront selon votre ego. Si oui, je n'y crois pas. Dans nos prières, nous prions seulement que nos souhaits se réalisent en accord avec le Dharma, non avec notre ego.

Nous ne pouvons changer les autres ou essayer de les améliorer. Le mieux que l'on puisse faire est de nous changer nous-mêmes, ou de nous améliorer. C'est à ce moment-là que nous cassons véritablement la coquille et cessons d'être une noix dingue. Sinon, la plupart du temps nous sommes toujours en train d'essayer de changer les autres, de vouloir que les autres agissent selon nos désirs. Mais nous ne pensons jamais à leurs souhaits et à leur situation. Il n'y a aucune circulation à double sens, que du sens unique. En agissant ainsi, nous cherchons des ennuis parce que le manque de compréhension continuera à se produire, les amis deviendront les ennemis et la situation ne cessera de s'empirer. C'est en fait très enfantin. Si vous continuez à forcer les autres à faire tout ce que vous voulez, non seulement vous êtes la noix dingue emprisonnée dans la coquille, mais un jour vous deviendrez réellement fou parce que le monde ne se changera pas selon votre goût, et les gens ne seront pas toujours d'accord avec ce que vous souhaitez. Chaque minute, vous deviendrez tellement malheureux, tellement en colère et plein d'émotions négatives. Un jour, vous deviendrez malade physiquement voire même mentalement si vous ne vous arrêtez pas à temps.

Bien que la rencontre chez Gourou Sangamam ne dure qu'un jour, j'étais très heureux d'accepter leur invitation et d'y prendre part. Tous les gourous qui ont partagé leurs commentaires et leurs idées consacrent réellement beaucoup d'efforts à leurs activités en essayant d'aider autrui. Je prie du fond du cœur que leurs activités continuent à aider de nombreux êtres supplémentaires, et qu'il y aura d'autres dialogues interactifs à l'avenir pour que nous puissions tous mieux nous connaître afin de pouvoir tous progresser dans la diversité et l'unité.

 

 


 



© Le Douzième Gyalwang Drukpa. Sauf mention contraire, le copyright de tout le contenu de ce site internet appartient au Douzième Gyalwang Drukpa. Aucune partie de ce site ne peut être dupliquée, stockée ou transmise sous quelle que forme ou par quel que moyen que ce soit
(y compris électronique, mécanique, photocopie ou enregistrement) sans l'autorisation écrite préalable du Douzième Gyalwang Drukpa.

Association Drukpa Humanitaire  |  Publications internationales Drukpa  |  École Druk Péma Karpo 
Nonnerie Druk Gawa Khilwa
| Vivre pour Aimer