Pratiquer ce que nous prêchons

le 24 avril 2012

À ce stade, beaucoup d'entre vous, mes amis et étudiants, devez être habitués à mon style débridé, à ma façon horriblement spontanée d'écrire et de faire les choses. Je suppose que je ne suis pas très doué pour faire semblant d'être ce que je ne suis pas. J'ai entendu que de nombreuses personnes le trouvent très difficile de suivre mon style et mon enseignement, et donc par rapport à beaucoup de gourous, j'ai comparativement moins d'adeptes et suis moins populaire, ou plutôt pas populaire. Que je sois populaire ou non, cela m'est égal. J'espère au moins être en train d'aider quelques êtres.

En tout cas, je sais que je ne suis pas un grand être ; je ne fais que vagabonder dans le samsara en faisant de mon mieux de me conduire en bon être humain et en travaillant très dur pour préserver et protéger notre lignée de yogis en voie de disparition. Parfois, je me demande si nous ne sommes pas devenus trop purs et trop naïfs, au point où cela ne nous importe pas de perdre nos héritages ? Je ne sais pas quoi dire. C'est une histoire triste de quelques centaines années. Nous avons perdu des montagnes de trésors, si je puis dire, et pourtant bon nombre de mes collègues, et moi aussi, sommes totalement dans le flou quand il s'agit de savoir ce que nous devrions faire. Les gens se servent de nous, pas de problème. Mais en fait, c'est un grand problème. C'est dommage que nous soyons dans un monde déséquilibré qui encourage le matérialisme plus que la spiritualité. C'est difficile de rester pur.

Vous devez vous demander qui est dans la photo que j'ai postée. Je ne l'ai pas vraiment rencontré en personne. Mon père et moi parlions beaucoup de lui aujourd'hui. Si vous lisez mes messages, vous devez savoir à ce stade que je dis toujours que nous devons montrer le bon exemple aux autres. En montrant le bon exemple, nous devenons des amis vertueux pour autrui. Voici donc Khenchen Tsultrim Lodrö, un moine honnête, un pratiquant sincère, un maître véritable et un adepte authentique du Bouddhadharma. Je félicite ses étudiants et adeptes d'avoir trouvé un maître authentique.

Il est un étudiant de Sa Sainteté Khenchen Jigmé Phuntsok, un très bon ami de mon père, qui tristement a trépassé il y a quelques années. De grands maîtres comme Sa Sainteté Khenchen Jigmé Phuntsok devraient vivre 100 ans. Malheureusement, il est parti à l'âge de 70. Il avait le même âge que mon père, et ses activités étaient très similaires aux miennes, mais je ne suis pas aussi remarquable que lui. Je me sens très à l'aise pour parler de lui. Son pilier principal est Khenchen Tsultrim, que j'admire beaucoup.

Les jeunes enseignants spirituels devraient diriger leur énergie vers l'aide active aux êtres. La façon dont Khenchen Tsultrim encourage les autres de ne pas tuer inspire les moines afin qu'ils sortent travailler pour les autres plutôt que de passer des années en retraite et attraper une indigestion spirituelle, et plus important, la façon dont il demande à tous les moines d'être purs plutôt que de faire des drames, sont les choses que j'admire vraiment. Je suis très fier de lui. Il est encore jeune et actif de cette manière. Je prierai toujours pour sa longue vie pour le bien de tous les êtres.

Quelle que soit la croyance spirituelle, nous avons besoin d'enseignants spirituels bienveillants qui pratiquent ce qu'ils prêchent. De nos jours, nous avons très peu de tels exemples authentiques. La plupart des chefs, qu'ils s'occupent d'activités spirituelles, politiques ou commerciales, ne sont ni authentiques ni sincères dans leurs rôles. Un enseignant spirituel veut dire quelqu'un qui tient le flambeau et montre le chemin. Mais si l'enseignant est perdu lui-même ou elle-même, ou ne connait pas le chemin, comment peut-il ou elle vous le montrer ? Cela m'intéresse aussi de parler des réincarnations, des grands souvenirs du passé. Si quelqu'un est une grande réincarnation en nom, alors cette personne devrait être digne de ce nom, se lever de son coussin pour faire toutes les activités physiques possible. Il faut être un chef en action. Nous ne pouvons demander aux autres de faire le bien pendant que nous restons là à regarder. Je ne supporte pas d'entendre des plaintes et des scandales au sujet de maîtres spirituels qui sont impliqués dans n'importe quelle sorte d'activité non vertueuse qui nuit aux êtres. Je ressens une grande souffrance parce que la spiritualité est pure. Elle doit être protégée avec un grand sens de responsabilité.

Par exemple, pour des gens comme moi, pourquoi est-ce que nous portons ce que nous portons ? Il y a une raison. Ce n'est pas très pratique, et ce n'est certainement pas très à la mode. Mais il y a un message et un symbole. Ainsi, quiconque se trouvant à notre place doit inspirer à travers l'exemple.

Il y a certaines personnes qui souvent n'aiment pas ce que je dis. Cela ne me dérange pas. Je fais tout, toutes les activités, autant que possible, en accord avec ce que nous montre la Vérité universelle. Parfois je réussis, et parfois non. Mais je ne veux pas induire les autres en erreur. Le faire engendre du très mauvais karma. Pour des raisons égoïstes, la plupart des gens se donnent à fond pour mentir au sujet des autres et créer d'énormes histoires pour pas grand chose. En tant qu'adeptes authentiques du Bouddhadharma ou de la Vérité universelle, nous ne devrions pas nous laisser piéger par notre ego. L'ego veut que nous échouions sur notre chemin spirituel. L'ego nous fait faire des bêtises, dire n'importe quoi et penser des choses insensées. Nous voulons être heureux. Nous voulons que les autres nous respectent. Nous voulons ceci et cela, mais nous faisons tout ce qui finit par chasser le bonheur, les bons amis, la réussite, la paix, l'harmonie, le bon karma, le grand mérite. Tout disparaît, une chose après l'autre, à cause de notre ego autolâtre et, si je puis dire, notre motivation impure, même si nous avons fait un excellent travail ou un acte très vertueux.

Que nous soyons des gourous spirituels, des pratiquants spirituels ou simplement des êtres communs, faisons de notre mieux d'arrêter de penser, de faire et de dire des choses dénuées de sens. Nous n'avons que 24 heures dans une journée. C'est une occasion en or pour que nous fassions des choses positives, développions des pensées positives et disions des choses positives. Si vous faites le contraire, ne pensez jamais que personne ne l'apprendra. Au minimum, votre karma vous rattrapera. Quiconque vous nuisez ou essayez de nuire n'aura pas besoin de faire quoi que ce soit. Vous êtes votre propre ennemi, et vous êtes aussi votre propre ami.

Je suis donc très heureux de pouvoir vous montrer au moins un véritable maître humain en vie qui fait un excellent travail en inspirant tout le monde, moi en particulier. J'espère le rencontrer un jour et établir une formidable connexion qui vient entièrement du cœur. Merci Khenchen Tsultrim. Vous êtes merveilleux !

 

 


 



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