Un esprit de débutant

le 16 septembre 2012

Est-ce que vous vous souvenez de ce temps où vous étiez tout petit et jouiez dans le jardin ou couriez dans le parc ? Je ne pense pas que les enfants d'aujourd'hui aient le luxe de se connecter à la nature, pas autant que des personnes plus âgées comme nous. De nos jours, les parents distraient leurs enfants avec un iPad, un iPhone, des jeux vidéo et des technologies modernes. Je ne dis pas que c'est une mauvaise idée d'exposer les jeunes enfants aux technologies modernes, mais j'aimerais recommander que les enfants passent plus de temps avec la nature de sorte qu'en grandissant, ils apprécient d'avantage leur vie.

De nos jours, de nombreux parents profitent pour confier la responsabilité d'élever leurs enfants à l'école, aux émissions de télévision, aux jeux vidéo, etc. Il n'est pas étonnant qu'en grandissant, certains enfants s'éloignent de leurs parents et de la nature, ou bien se montrent complètement indifférents à la souffrance des autres. Si vous nourrissez l'esprit de vos enfants avec des choses fabriquées, alors ils deviendront bien sûr des reflets de ces fabrications. En tant que parents, c'est une lourde responsabilité d'élever des enfants, pas seulement de les nourrir mais de prendre soin de leur bien-être spirituel.

La plupart des situations se produisent en raison du karma et des conditions. Certains enfants finissent très bien l'âge à l'adulte, malgré leur environnement difficile. Donc on ne peut pas vraiment dire. Mais une chose dont nous devrions toujours nous souvenir est de toujours les garder près de mère nature. Sans la compréhension de mère nature, les enfants ne seront pas capables de l'apprécier, et c'est ainsi que se produisent tous les dégâts à l'environnement naturel. Quand nous sommes connectés à l'environnement naturel, nous avons une compréhension de son fonctionnement, et de notre grande dépendance à son égard. C'est seulement avec cette compréhension que nous apprécierons et attacherons de la valeur à mère nature.

Pour parler égoïstement, je me souviens de quand j'avais cinq ans. J'avais l'habitude de déambuler dans mon monastère la nuit, tout seul, pour vérifier si les lumières étaient éteintes. Comme j'étais petit et pas bien haut, il fallait souvent que je bataille pas mal pour éteindre les lumières, en particulier celles dans les toilettes et les salles de bain. La plupart des gens oubliaient toujours d'y éteindre la lumière quand ils avaient fini leurs petites affaires. J'avais toujours le sentiment que c'était ma responsabilité de m'assurer que les lumières étaient éteintes. Mon bien-aimé tuteur, Khenpo Noryang, fit plusieurs fois mon éloge en disant aux moines âgés : « Bien qu'il (c'est-à-dire moi) ait un corps d'enfant de petite taille, son esprit est très grand et il ne veut pas gaspiller l'énergie. Vous les gars êtes grands par la taille et pourtant votre esprit est si petit. Vous laissez les lumières allumées et les robinets couler, sans vous soucier de l'environnement. » La plupart du temps, à cause de ma paresse et de mon espièglerie, mes tuteurs (huit au total) me menaient vraiment la vie dure. Ils me battaient jusqu'à ce que j'en perde connaissance. Comme mes parents n'étaient pas autorisés à rester avec moi, j'ai connu des moments très difficiles quand j'étais tout petit. Mais mes tuteurs, et en particulier Khenpo Noryang, aimaient faire l'éloge de mon « travail de nuit », faisant le tour du monastère pour éteindre les lumières. Alors cela a regonflé mon ego et m'a encouragé à nourrir ma personnalité originale d'amoureux de la nature.

Bien sûr, comme la plupart d'entre vous, j'ai peu à peu cédé à la modernisation. Je me suis récemment rendu compte que je laissais aussi des lumières allumées dans les salles de bain. C'est comme notre refuge et notre pratique spirituelle. Quand nous avons commencé en tant que débutant, nous avions un tel enthousiasme que nous voulions presque être éveillé tout de suite. Nous faisions des milliers de prosternations par jour, des dizaines de milliers de mantras par jour, mais tout doucement, notre moteur a commencé à ralentir. Il y a tant de distractions à l'extérieur que nous nous disons : « Allons voir ce qui se passe là-bas et ensuite revenir terminer notre pratique. Si on ne peut pas pratiquer aujourd'hui, on le fera demain. » Une fois qu'on a rompu le fil de la pratique, alors on va se mettre à traîner. Finalement, on oublie même notre premier instant de profond désir irrépressible, ce souhait d'aider tous les êtres pour atteindre l'éveil. Une chose en mène à une autre, et nos vielles habitudes négatives commencent à nous rattraper. En un rien de temps, on risque même de devenir pire qu'au moment qui a précédé notre début sur le chemin spirituel. Comme tout ce que nous faisons, la pratique spirituelle et la motivation de la Bodhicitta doivent toujours rester sur les rails. Autrement, nous nous écarterons de notre esprit originel ou esprit du débutant.

À la lumière de notre besoin de rendre continuellement à notre mère nature, laissez-moi à nouveau vous encourager tous à vous joindre à nous pour battre le record de Live to Love pour la plantation d'arbres au Ladakh. Nous avons besoin du soutien de tous pour nous aider à maintenir notre action régulière et notre engagement de protéger, préserver et sauver notre environnement. À bientôt au Ladakh pour le 4e Concile Drukpa annuel.

 

 


 



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