Cataclysme social

le 17 décembre 2012

Ce qui s'est passé le 14 décembre en Amérique et en Chine a dû être un cauchemar pour de nombreux parents partout dans le monde. On m'a d'abord demandé de prier pour les 20 enfants et les huit adultes tués dans la tragique fusillade de l'école primaire en Amérique. Puis, on m'a demandé de prier pour 22 enfants sauvagement blessés par un déséquilibré qui les a attaqués à la hache dans une école en Chine. Dans les heures et les jours qui ont suivi, toutes les chaînes d'information parlaient de la tuerie en Amérique parce que 20 enfants âgés de cinq à dix ans sont morts dans la fusillade.

Mon cœur se tourne vers ces enfants innocents et leurs professeurs, ceux qui ont été tués en Amérique et les enfants sauvagement blessés en Chine. Avec une bonne éducation convenable, ces enfants auraient pu mener une vie positive, contribuer à la société et finalement être bénéfiques à de nombreux êtres. Non seulement des vies ont été perdues, mais des opportunités de faire le bien de soi et des autres ont aussi été perdues, ce qui m'inflige une grande douleur. J'envoie mes sincères condoléances ainsi que mes prières à leurs familles et à leurs amis. Mes nonnes au Mont Druk Amitabha ont commencé à réciter des prières pour les défunts, et elles prient aussi pour le prompt rétablissement des enfants blessés.

Nous devons comprendre la cause de telles tragédies, outre ressentir de la tristesse et pleurer les victimes, de façon à ne pas reproduire le même genre d'erreurs. C'est très important. J'appelle ceci un « cataclysme social ». Tout comme un cataclysme causé par le mauvais traitement de l'environnement, les tragédies découlent de nombreux problèmes sociaux et de négligence dans l'éducation. Dès le plus jeune âge, les enfants sont exposés à des informations négatives et à la violence. La plupart des jeux vidéo et des films les plus rentables introduisent de la violence, d'une manière ou d'une autre, sinon ils ne se vendent pas bien.

De ces incidents, il nous faut aussi comprendre que les nombreux animaux qui souffrent ont aussi, comme nous, des familles. Comme nous, ils aimeraient être heureux. Ils ressentent la douleur, ils éprouvent l'amour et la haine. Nous devons comprendre ceci et détourner un peu de notre compassion sinon toute – au moins 15 % de notre énergie d'amour et de compassion – vers les animaux, vers ceux qui sont maltraités et massacrés tous les matins, à chaque minute, pour notre nourriture, nos vêtements, nos pratiques religieuses, pour nous permettre d'exhiber notre richesse matérielle, etc. Être bon et juste envers d'autres êtres vivants n'a pas seulement pour but de nous permettre de pratiquer la compassion, mais aussi parce que nous ne voulons pas être victimes de telles brutalités quel que ce soit l'endroit ou le moment. À moins que nous voulions souffrir comme ces êtres à qui nous apportons la souffrance et la douleur, nous devrions immédiatement transformer notre esprit en une motivation inoffensive et arrêter toute activité nuisible.

Je ne parle pas d'un point de vue bouddhiste ou de la philosophie bouddhiste, c'est vraiment du point de vue de la logique humaine. Si on n'a pas réellement la logique humaine ou l'intelligence, alors on ne sait pas et on peut dire qu'on est ignorant. Nous sommes des êtres humains qui sommes sensés être plus intelligents que tout autre être vivant, donc nous devrions savoir et nous abstenir d'être moins qu'humains. Malheureusement, beaucoup d'activités humaines sont actuellement pires que celles des animaux, même 100 fois pires que celles des carnivores. Imaginez seulement la douleur que peuvent ressentir ces animaux, en particulier les parents et la famille des animaux qui voient leurs enfants ou leurs frères et sœurs massacrés et maltraités. Si c'est douloureux et terrible pour nous, c'est très douloureux pour eux. Ils n'ont pas le choix, et ils n'ont pas de voix.

Malheureusement, nous les humains sommes devenus des « terroristes » envers de nombreux êtres vivants. Nous prenons la vie des autres et commettons des actes nuisibles pour des raisons stupides, essentiellement pour notre propre plaisir. En tant que soi-disant êtres supérieurs, nous les humains devrions savoir comment traiter les gens et les êtres autour de nous, et améliorer la vie d'autrui en ce monde. Nous vivons sur cette terre pour aimer et non pour haïr. Tout le monde, tous les êtres, doivent être inclus dans notre compassion et notre amour. C'est ce qui nous rend humain. Nous avons tous la responsabilité de servir ce monde, d'en faire un bel endroit pour y vivre des centaines, des milliers et des millions d'années à venir. Nous sommes propriétaires de nos propres actes et de notre responsabilité. Aussi ne pouvons-nous pas nous permettre d'être ignorant, et de faire semblant de ne pas connaître la réalité de ce qui se passe juste à côté de nous. Un jour, un beau jour, les mêmes tragédies arriveront peut-être à nous. Le karma individuel et collectif ne peut être considéré comme acquis. Alors ne soyons pas stupides.

En résumé ou en conclusion, ces tragédies avec des enfants dans deux écoles de deux pays différents doivent être pour nous un enseignement, pas seulement quelque chose qui suscite notre sympathie. Je sais que nombre de gens au cœur bon prient, y compris mes étudiants et amis, et bien sûr, je prie depuis que j'ai appris ce qui s'est passé, mais ceci ne va pas nous donner la solution pour éradiquer la cause. On ne peut répondre à la question qu'avec une pensée analytique. Si on répond à la question, la prière sera exaucée. Une prière ne sera pas exaucée si on n'a pas répondu à la question.

Voici des renseignements que j'ai trouvés sur le site internet d'une organisation très respectable, PETA, et j'espère qu'ils ne m'en voudront pas de copier-coller ici les renseignements. Je demande instamment à tous mes étudiants et amis bien-aimés de, s'il vous plaît, envisager de devenir peu à peu végétariens pour le bien des autres et de vous-même. La haine n'engendrera jamais l'amour ; l'amour seul peut mettre fin à la haine.

La chasse annuelle aux bébés phoques est en cours au Canada. C'est de loin la plus grande chasse de mammifères marins au monde et la seule chasse commerciale qui a pour cible les jeunes de l'espèce. Pendant six à huit semaines tous les printemps, les glaces flottantes du Golfe du St Laurent et de la côte est de Terre Neuve et du Labrador sont couvertes de sang quand quelques 300 000 bébés phoques – pratiquement tous entre 2 et 12 semaines – sont frappés à mort (leur crâne est écrasé avec un lourd gourdin appelé hakapik) ou tués par balles. Ils sont ensuite dépecés sur la glace ou dans les véhicules de chasse proches après avoir été tirés vers les bateaux en utilisant les treuils des bateaux. Les carcasses dépecées sont en général abandonnées sur la glace ou jetées dans l'océan.

Comme les homards, les crabes sont souvent jetés dans des récipients d'eau bouillante et cuits vivants. Les crabes luttent si fort contre une mort de toute évidence douloureuse qu'ils se cassent souvent les pinces dans leur lutte pour s'échapper. Certains crabes utilisés pour la nourriture sont électrocutés, certains sont hachés et d'autres sont passés au four à micro-onde – tout ceci alors qu'ils sont encore conscients.

Comme les humains, les homards ont une longue enfance et une adolescence difficile. Tout comme nous, ils portent aussi leurs progénitures pendant neuf mois et peuvent vivre jusqu'à plus de 100 ans. Il n'y a pas de façon humaine de tuer ces animaux sensibles et peu communs.

Les poulets sont sans doute les animaux les plus maltraités de la planète. On élève et on tue, pour se nourrir, plus de poulets que tous les autres animaux terrestres mis ensemble.

Aux Etats-Unis, plus de 42 millions de vaches souffrent et meurent chaque année au profit de l'industrie de la viande et de l'industrie laitière. Quand elles sont encore très jeunes, beaucoup de vaches sont brûlées avec des fers chauds (marquage), leurs cornes sont coupées ou brûlées, et le bétail mâle a les testicules arrachés du scrotum (castration) – tout ceci sans antidouleurs. Une fois qu'elles sont assez grandes, on les envoie dans d'immenses parcs d'engraissement très sales où elles sont exposées aux éléments, pour y être engraissées et abattues. Beaucoup de femelles sont envoyées dans des fermes laitières où, de façon répétée, elles vont être fécondées et séparées de leurs veaux jusqu'à ce que leur corps s'épuise et qu'on les envoie à l'abattoir.

Comme tous les animaux, les vaches forment des liens maternels forts avec leurs veaux, et dans les fermes laitières et les exploitations bovines, on peut entendre les mamans vaches continuer d'appeler désespérément leurs petits plusieurs jours après qu'on les a séparés.



 

 


 



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