Pédalez pour la paix et l'amour

le 9 août 2016

Depuis le début du mois de juillet nous réalisons notre quatrième pèlerinage à vélo (« Cycle Yatra »), qui a commencé à Katmandou et passe par l'Uttarakhand et l'Himachal Pradesh, frappés par la mousson, avant de faire étape au Temple d'or sacré. Peu de temps après, nous sommes entrés dans le district de Jammu. Au départ, mon intention était de nous rendre au Ladakh en passant par Srinagar, Kargil, Mulbekh, Lamayuru et Basgo, et j'ai aussi entièrement confiance que nous serons en sécurité, malgré les malheureux incidents qui se produisent dans la vallée du Kashmir. Grâce à l'amour de mes amis et étudiants, qui sont extrêmement préoccupés par notre sécurité puisque nous devions traverser Srinagar dans quelques jours, je regrette finalement de devoir dévier notre itinéraire à Pathankot et prendre donc une route différente et plus longue pour arriver au Ladakh. J'espère que nous arriverons à Hémis à temps pour le Conseil Drukpa annuel et mon soi-disant millième anniversaire. L'espoir et la peur fonctionnent d'une manière très particulière. Nous espérons la réussite et avons peur de la défaite, et ne connaissons jamais la paix. Si nous nous laissions véritablement aller selon le flux de la nature, nous nous rendrions compte que l'espoir et la peur n'ont pas d'espace pour exister ou la possibilité de fabriquer nos vies.

Outre le fait de pédaler pour l'environnement et l'égalité des sexes, j'espérais traverser la magnifique vallée du Kashmir à vélo afin de transmettre le message de la paix et de l'amour. Tandis que le terrorisme semble s'emparer du monde, du moins d'après les journaux, au fond de chacun de nos cœurs, nous espérons la paix et vivons de l'amour. Si nous agissons en fonction des nouvelles que nous lisons quotidiennement, il me semble qu'il n'y ait aucun coin sur terre où on est entièrement en paix et heureux. Je pense que nous devons nous servir de nos yeux de sagesse et décider de ce que nous devons faire de nos chemins de vie. Les nouvelles sont là, mais certaines nouvelles ne reflètent pas ce qui se passe réellement, alors nous devons faire appel à notre sagesse discriminante.

Je croise les doigts et espère que notre détour ne va pas causer de délai. J'aimerais remercier tous les fonctionnaires et agents de la circulation qui ont été, et continuent d'être, si prévenants tandis que nous voyageons en une longue ligne de cyclistes atteignant parfois jusqu'à 3 à 5 km. Je suis désolé si nous avons créé des embouteillages, mais j'espère que nous avons réussi à répandre nos trois messages en faveur de l'environnement, de l'égalité des sexes et de la paix dans la diversité.

Quand nous sommes arrivés au Temple d'or, l'hospitalité et l'accueil chaleureux qui nous ont été réservés furent spectaculaires, grâce au responsable qui nous a également fait une visite guidée détaillée. J'ai tant appris au sujet du sikhisme en un jour. Comme je dis toujours, les enseignements sikhs sur la générosité altruiste est quelque chose que nous, bouddhistes, devraient apprendre et mettre en pratique, notamment leur pratique de langar. À la cuisine communale de chaque Gurdwara, la nourriture est servie gratuitement à tous les visiteurs, sans distinction de race, et seule la nourriture végétarienne est servie afin que tous puissent manger de manière égalitaire, quelles que soient leurs restrictions alimentaires. Cette pratique de la générosité depuis des siècles porte des résultats collectifs énormes. La plupart des sikhs, sinon tous, ont réussi matériellement et ne mourraient pas de faim. La générosité est l'une de nos paramitas, mais beaucoup parmi nous, soi-disant pratiquants de la voie bouddhiste ou des bodhisattvas, ferions toujours les comptes par rapport aux choses matérielles que nous partageons avec autrui. L'avarice qui en résulte mène à des difficultés dans la réalisation des souhaits matériels et dans l'accumulation de mérite pour cette vie et les vies futures. La générosité aide à ouvrir notre cœur et à améliorer notre acceptation de tout sans conditions. Nous avons un long chemin à faire, mais au moins nous avons un exemple à suivre.

J'étais très étonné de rencontrer Thinles Namgyal, le Président de Association bouddhiste du Ladakh, Chandzod Odsal de Hémis et Padma Tashi de l'Association de jeunesse Drukpa quand nous sommes arrivés au Temple d'or à Amritsar. Il était spécialement venu nous voir afin de demander que nous effectuions un détour pour éviter Srinagar. J'étais tellement ému par la sincérité de sa demande et la demande de tant d'autres fidèles de Jammu que j'ai dû dévier notre itinéraire. Je suis sûr qu'avec tout l'amour et le soutien de mes chers amis et étudiants, tout ira bien. On se voit bientôt au Ladakh.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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